16.11.2011

Atrocités françaises commises sur des Belges

Les commémorations belgo-françaises de 1914-18 et de 1940-45 sont un magnifique coup de pied à l’Histoire.

Pas question donc de se taire à ce sujet.

 

 

0 Introduction : la loi du silence

 

A l’heure où éclate la vérité sur des faits négatifs lors de la libération de l’Irak sous le joug de Saddam, il est grand temps de se rappeler certains faits commis par nos alliés français en mai 1940 en plusieurs endroits de notre province.

Oui, des civils innocents ont été battus à coups de crosse par la soldatesque française voyant des espions partout, notamment à Bambois, des assassinats ont été commis alors qu’ils étaient en fuite, à Aisemont et à Lesves, des pillages ont été perpétrés à Marbisoux, …

Ce sujet est resté tabou. Or, on nous serine que l’histoire est un éternel recommencement…

L'aliénation, c'est-à-dire l'abandon de sa personnalité pour se mettre au service d’un autre, peut mener jusqu'au révisionnisme Un jour, au cours d'un dîner de mariage, le père de la mariée avait raconté comment il avait, avec d'autres, été arrêté par la soldatesque française le 14 mai 1940, brutalisé, frappé et menacé d'être fusillé.  On avait ensuite parlé des assassinats qu'ils avaient commis avant de s’enfuir.  J’avais cité les noms de MM. Justin MIGEOT, d'Aisemont et Auguste DELONGUEIL, de Lesves, mais lors d'une sortie dehors pour prendre l'air, un des invités me prit par le bras et me dit :"Il ne faut pas parler de ça !" !!!

 

1 1940 et nos « Alliés » : mépris envers la Belgique

 

1.1 Jean Vanwelkenhuyzen (ULB), Anc. président du Comité intern. d’Histoire de la deuxième guerre mondiale, LB 14/07/93

Erreur dans l’épisode 5 des “Grands jours du siècle” (RTB1 lundi 22 h).

On y entend que la “ligne Maginot n’a pas été prolongée jusqu’à la mer dans l’intention de ménager la susceptibilité des Belges.  En somme, les autorités françaises auraient estimé discourtois de pointer des canons en direction d’un pays ami.  En réalité, elles entendaient livrer bataille en Belgique, bien au-delà de la frontière, en vue de tenir les Allemands à distance des régions industrielles du Nord.  Dans cette optique, il n’était pas nécessaire de prolonger la ligne Maginot jusqu’à la mer.  Les a guidées la conception qu’elles avaient de l’intérêt de la France.  En l’occurrence, la solution adoptée était loin de répondre aux voeux des Belges.

A deux reprises au moins, Bruxelles a fait savoir à Paris que fortifier la frontière du Nord contribuerait à dissuader les Allemands de passer par la Belgique comme en 1914.  

 

1.2 Jean Vanwelkenhuyzen (ULB), La Belgique mise en accusation / 50 années pour tenter d'éclairer le désastre de 1940, LS 10/5/90

 

"Neutre, la Belgique l'est restée jusqu'à l'agression allemande.  Un mois auparavant, Français et Britanniques avaient demandé l'autorisation d'entrer ...  Bruxelles a refusé.  La démarche était déraisonnable.... Les Alliés projetaient de s'arrêter au beau milieu du territoire.  L'autre moitié du royaume aurait été froidement abandonnée aux Allemands.... L'étude de la "drôle de guerre" révèle malheureusement, de la part des dirigeants alliés, et surtout des Français, une série de velléités tout aussi impulsives."

 

- Donc, les Français préféraient lutter chez nous (quitte à que la population belge crève sous les bombardements) afin de ne pas faire de dégâts en France même.

De là à croire qu’ils seraient venus pour nous « protéger » !

C’est en fait ce qu’on en a retenu quand on voit les commémorations 40-45 dans nos régions combinant le souvenir de nos morts et des soldats français (hum ! souvent sénégalais, …) tombés chez nous. Une belle hérésie !

 

1.3 ACCABLANTES pour l’état-major français,

Un historien belge analyse les erreurs du 10 mai 1940, (VA) 12/50/1977

 

L’historien belge Jean Van Welkenhuyze, dans “Le Monde”, “La surprise du 10 mai 1940”:

L’alerte donnée le 9 mai au soir depuis Berlin, par des officiers antinazis, à La Haye et Bruxelles, puis les informations alarmantes recueillies à Luxembourg, incite au milieu de la nuit le Gouvernement belge à prévenir ses alliés français et anglais.

 

Gamelin dormait ...

Ni le général Gamelin, ni le chef du gouvernement ne sont réveillés. Dans les milieux militaires en particulier, M. Vanwelkenhuyze remarque une confusion dans l'interprétation de renseignements disant que les Allemands avaient “achevé” leurs préparatifs, les autorités françaises estimant alors que les Allemands ont “cessé” les préparatifs et renoncé à l'action.

La conséquence de cette confusion, souligne l'historien, est que les armées française et britannique ne sont pas mises en état d'alerte, alors que les armées belge et néerlandaise le sont déjà. L'unique certitude à ce sujet, ajoute-t-il, est que l'alarme a été donnée en France avec un décalage “de cinq à six heures”.

Cherchant à expliquer les causes de cette apparente indifférence des autorités militaires françaises, l'auteur s'attache enfin à montrer la différence entre les services de renseignements belges et néerlandais, qui suscitent l'inquiétude “par le flot des renseignements de contact”, et l'inertie des “antennes françaises”, notamment au Luxembourg, où l'alerte ne sera donnée que quarante cinq minutes après le début de l'attaque allemande.

 

 

 

2 L’esprit de l’armée française

 

Pour mieux comprendre l’esprit qui guidait l’armée française de l’époque, il faut remonter à la deuxième moitié du 19e siècle.

 

in : E. Wanty, France-Belgique, 20 siècles de voisinage, Braine-l’Alleud, éd. Collet, 1989

(p.206) Lorsque le congrès de Paris de 1856, réglant la question d'Orient, après la coûteuse guerre de Crimée, consacra le prestige de Napoléon III, les attaques reprirent contre la Belgique, (…).

(p.207) L'orientation politique de la France envers la Belgique se fit plus dangereuse à partir de 1857. En1858, Napoléon III dit à la baronne Bayens, épouse du ministre de Belgique à Paris, en manière de boutade : « La Belgique est une poire mûre qui nous tombera quelque jour dans la bouche. Elle alors de lui répliquer : « Puisse-t -elle alors vous étrangler, Sire .»

(…)  L' année 1860 vit débuter une intense campagne annexionniste, faisant appel à tous les arguments de l'histoire, de la géographie, de la politique, de l'identité de langue (en ignorant, bien entendu, le fait flamand), et surtout du thème des frontières naturelles. (p.208) La  presse française prôna une « rectification de frontière » qui serait ratifiée par « le consentement populaire ». Le gouvernement impérial opposa un démenti à ces revendications, le 31 mai 1860. Le roi Léopold 1er avait prévu ces sautes d'humeur. Il écrivait le 4 février 1859 à sa nièce, la reine Victoria : « Les cieux seuls savent à quelle danse notre empereur Napoléon, troisième du nom, nous conduira... Pour nous, pauvres gens qui nous trouvons aux premières loges, ces incertitudes sont bien peu agréables. »

(…) En 1863, le gouvernement impérial suggéra à l'Autriche un curieux marchandage : l’Autriche accepterait la création d'un royaume de Pologne, céderait la Vénétie à l'Italie et recevrait en compensation la région du bas Danube. La Prusse absorberait le Hanovre et d'autres États allemands, mais elle abandonnerait la rive gauche du Rhin, constituée en royaume pour la dynastie belge. La Belgique serait partagée entre France et Hollande.

(…) La Prusse venait d'opérer une rentrée à grand fracas sur la scène européenne par la guerre des Duchés contre le Danemark, en 1864, et avait acquis le Schleswig et le Holstein. Napoléon III estima avoir droit à une compensation. Il laisserait les mains libres à la Prusse à la condition que celle-ci, d' accord avec la Russie, favorisât les vues de Napoléon III en Italie et donnât à la France une compensation du côté du Palatinat. Ce fut l'objet d'une entrevue entre l'empereur et le chancelier von Bismarck, à Biarritz. Ce dernier continua sur sa lancée, et ce fut l'étonnante victoire de Sadowa sur l'Autriche, en 1866. La surprise fut grande pour l'empereur, qui croyait en un conflit prolongé et indécis, en la nécessité d'un arbitrage de la France, assorti d'un honnête courtage.

Pendant que les préliminaires de paix se discutaient, sans elle, à Nikolsburg, la France réclama « des compensations propres à accroître sa force défensive », c'est-à-dire, en clair, la rive gauche du Rhin. Bismarck y opposa un refus fort net, le 7 août 1866. Napoléon fit alors adresser à son ministre à Berlin, Benedetti, des instructions formelles: « Demander à la Prusse un traité « ostensible » attribuant à la France, au minimum, le Luxembourg ; un traité secret valant alliance offensive et défensive; la faculté pour la France de s’annexer la Belgique au moment jugé opportun ; la promesse par la Prusse d'appuyer cette politique, même par les armes. »

Benedetti rédigea donc un projet de convention dans ce sens et (p.209) commit la maladresse de le laisser entre les mains de Bismarck, sur la demande de ce dernier.

Tout ceci resta évidemment secret, mais les alarmes de la presse belge, sinon d'une opinion publique plutôt endormie, étaient ravivées périodiquement.  (…)

 

(p.216) CHAPITRE XXIX Le difficile équilibre de la neutralité

 

(p.217) Lorsque le lieutenant général Brialmont, éminent ingénieur militaire, de réputation européenne, fit campagne pour fortifier Namur et Liège, la presse française y vit une connivence de la Belgique avec l' Allemagne, et la presse allemande réagit de même lorsqu'il fut décidé que ces nouveaux forts seraient partiellement armés de canons français.

(p.221) La Belgique officielle cherchait à sauvegarder un juste équilibre, en étant ni anti-française, ni anti-allemande. Depuis longtemps, l'Allemagne et la France ne comprenaient plus le statut de neutralité dans sa rigueur et ses obligations ; elles interprétaient suivant leurs intérêts ou leurs craintes propres les manifestations belges à leur égard. (…)

 

/1914/

(p.228) L' armée de campagne belge termina son repli dans la position fortifiée d' Anvers (P. F.A) dans la soirée du 20 août ; elle y trouva de nombreuses formations « de forteresse » totalisant soixante-cinq mille hommes. ...Le commandement belge ignorait les intentions de l'ennemi, et tout autant l'évolution des événements chez les Français et les Britanniques.

 

(p.237) Après la bataille de l'Yser.

Bientôt va débuter la funeste stabilisation, et l'on pourrait croire que c'en est fini des malentendus. Certes, il est indéniable que le roi Albert s’est acquis un prestige universel; qu'un préjugé favorable existe au plan sentimental populaire envers les «petits Belges ». Il n'en fut pas de même au niveau le plus élevé des responsables politiques et militaires. Le roi avait éprouvé une certaine amertume au souvenir de ces deux mois et demi de complet isolement, de sa lutte de tous les jours contre des tendances dogmatiques qu'il condamnait. Son premier souci sera d'épargner son armée dans toute la mesure du possible en vue d'une tâche d'intérêt uniquement national : libérer la Belgique. Or, dès le 19 novembre 1914, le général Foch lui propose de répartir les forces belges à raison d'une brigade par division française. Le maréchal French ne tarde pas à exprimer le même désir, au bénéfice des Britanniques. La position du roi est tranchante : l'armée belge doit rester une, maîtresse de ses opérations, maîtresse absolue de son organisation.

Son étude attentive des opérations sur le front occidental le confirma toujours dans son obstination ; la funeste tactique du « grignotage » le heurta. À l'époque du drame de Verdun, il se refusa à envoyer des divisions belges dans cette fournaise. En décembre 1916, il note . « Les offensives ne réussissent pas, l'expérience en est faite. Je n'entends pas sacrifier mes hommes dans les opérations au succès desquelles je ne crois absolument pas. » Le 9 avril 1918, au moment de l'offensive allemande sur la Lys, il déclinera encore la demande de deux divisions et de toute sa cavalerie pour la 2e armée britannique. Une telle intransigeance ne pouvait que provoquer le vif mécontement d'un haut commandement qui, lui, n'hésitait jamais à jeter dans la mêlée ce que l'on appela alors « le matériel humain ». Dès 1915, le réalisme foncier et pessimiste du roi avait été en désaccord avec les idées stratégiques des Alliés, ne voyant de succès que dans les offensives frontales.Cette même opposition se retrouve sur le plan politique. La Belgique ne se voulut jamais l'alliée de droit des autres puissances. Le roi, dans la ligne de son serment constitutionnel, ne voulait qu'une chose : rétablir l'intégrité de la Belgique ; obtenir la réparation totale des dommages ; maintenir les droits acquis au Congo: conclure des traités de commerce favorables. « La Belgique ne doit s'inféoder (p.238) à personne.” 

 

(p.239) L' armée belge était devenue en 1918 une force superbe de quatorze divisions, bien équipée, relativement épargnée depuis 1915, grâce à la clairvoyance du roi Albert.  Sa participation aux offensives de septembre et octobre 1918 fut massive et décisive, couronnée d'un total succès. En quelques jours, la percée des crêtes des Flandres fut réalisée dans la région de Passchendaele et Langemarck, où les Britanniques avaient échoué en 1917 au prix de pertes considérables. L'exploitation rapide et la pénétration en  profondeur dans les Flandres furent des composantes de la conclusion de l'armistice du 11 novembre.

 

> Ayant toutefois de bonnes intentions, la marche d’Oret s’est donc trompée en reprenant des costumes d’une armée qui n’en avait rien à cirer de défendre la population belge, donc celle d’Oret !

 

 

 

3 La haine de nombreux Français envers les Belges : insultes, pillages, atrocités, assassinats

 

3.1 En Belgique

 

3.1.1 BAMBOIS, (Fosses-la-Ville) LE 14 MAI 1940

C’ est dans cette école que, le 14 mai 1940, les soldats français ont chassé à coups de poing, de pied et de crosse de fusil les habitants de Bambois qui n’ étaient pas partis et qui voyaient, que les Français détruisaient et volaient.

Ils ont arrêté trois hommes et une femme de Bambois : Léon AERTS, Armand MICHAUX, Arthur REMY, et Alice LOTHE. Ils les ont battus et ont menacé de les fusiller comme espions ! ! !

Quand ils sont entrés dans la salle de classe, il y avait un homme, assis sur une chaise avec la tête et le visage en sang, du sang qui dégoulinait sur ses vêtements.

Un soldat français lui immobilisait le bras gauche et un autre le bras droit, tandis qu’ un troisième le frappait à la tête et au visage.

A la question posée par l’un d’ eux : « Connaissez-vous ce monsieur ?, Léon Aerts répondit : « Oui, c’ est Monsieur HALLOY », car il croyait reconnaître Maurice HALLOY,  originaire de Bioul, qui habitait rue du Gonoy.

Là-dessus, les soldats l’ont lâché et à ce moment est arrivé un gradé, officier ou sous-officier ? « Onk avou on pêlon su s’ tièsse », ont raconté les otages, faisant allusion au képi typique des Français.

Il les a fait libérer, mais ils n’ont pas pu sortir par la cour de l’ école; ils ont dû partir par le pignon et des pâtures.

On a dit qu’ un peloton de carabiniers cyclistes belges était arrivé sur la place et que c’est à cela qu’ils avaient dû leur soudaine libération.

Léon Aerts a emmené le blessé chez son beau-père, François Viroux, qui habitait rue du Baty. Dans l’étable, il y avait une pompe, du savon et un essuie et la victime s’est lavée.

A ce moment-là, Léon Aerts ne le reconnaissait plus ! –« Mins vos n’èstoz nin Maurice HALLOY ! », lui dit-il.

- « Non, dit l’ autre, Maurice è-st-èvôye ! Dji so s’ fré Gusse, di Biou.

Dji so v’nu vôy à sès vatches ! »

A quoi tient une vie ? S’il n’ avait par eu le visage couvert de sang, Léon Aerts ne l’ aurait pas reconnu et les Français l’auraient peut-être assassiné, comme ils ont assassiné Justin MIGEOT, d’ Aisemont et Auguste DELONGUEUIL, de Lesves, avant de s’enfuir !

Bambwètîs, ni rovyîz nin !

 

Roger Viroux

 

3.1.2 A MARBISOULX, LE 10/05/1940

 

in : Evrard Marcel, Dîj di mé quarante, in: El Bourdon, s.r., p.19-22

 

         C' èstèt in djoû come lès-ôtes, èt minme in bia djoû pou in dîj di mé.  Vos-ârîz dit qu' c' èstèt l'èsté.  A ‘l pikète do djoû, no coq avèt tchanté.  Dins lès-âyes, lès mouchons ni s' jin.nin' nén èyèt, aviès lès chîj' eûres au matin, lès poûyes codâkin' dèdjà au truviès d' tout, pa t't-avau  l' coû, pou fé sawè qu' èles-avin' dèdjà ponu leû-n-oû.  Lès vatches, qu' avin' profité d'ène gnût au pachi, r'wétin' passer l' preumî tram pou M'lèt èt pou Gochelî en pèstèlant lès monchas d' boutons d' ôr a leûs pîds.

Èl djoûrnéye promètèt d' ièsse bèle, iène dès pus bèles dispûs l' iviêr.  Achîd au solia, sins s' prèsser, no tchat r'niètèt sès-aurtias, sins lachî d' èn-oûy lès-arondes qui racourin' fé leû nid.  Deûs pas pus lon, Folète s' aprèstèt sins fé chènance di rén pou daler jusqu'au preumî potau èt conèche lès nouvèles dès tchéns. Ène alôre bén wôt dins lès tchamps poûssèt si p'tite tchanson, bèle come ène ér' di violon.

Maman èt mârine avin' dèdjà modu lès vatches èt stièrni l' via.  C'èstèt l' toûr dès pourchas. Èle m' avin' stindu ène couvêrte au pîd do cèréji, in mèrvèyeûs blanc parasol èyu ç' qui lès mouches à mièl èstin' dèdjà à ‘l bèsogne.  Dins l' maujone, on-ètindèt clikoter lès jates èt lès coutias do d'djuner èyèt l' musike do posse qui dalèt sins r'lache.

Dj'èstè co dins m' bèrce au preumî.  Pa ‘l crâye dè ‘l finièsse, dj' ètind co l' facteûr qu' arivèt dins l' coû.  C' èstèt l' preumiêre maujone di s' toûrnéye. Èl facteùr, ç'èstèt Djosèf Lamour. « Tènoz, Mâria, d’jèt-i, dji su seûr qui ça vos f’ra pléji!” C' èst qui m' papa, milicyin à Nazareth do costé d' Boûr-Lèyopold, lî scrîjèt chake côp qu' i davèt l' ocâsion.  Lamour pwârtèt bén s' nom!

C'èstèt ène djolîye cârtè-vùwe avou l' foto d'èn-ome, ès' bonèt à flotche su s' tièsse èt dès fleûrs dins s' mwin.  Dispûs adon, èç' cârte-là n' a pus boudjî do ridant aus souvenances. Au cu d' l' imâdje, il èstèt scrît: « Dimanche, c'est la Pentecôte.  J'ai deux jours de permission.  J'arrive samedi ». On-èstêt l'vêrdi, èl 10 di mé 1940. Èl lèd'mwin, non fét, i n'vérè nén.  I dalèt prinde ène dirècsion contrére.

Maman a sèré sès-oûys di bouneûr... Quand èle lès-a drouvu, Pârin arivèt blanc come in mwârt, sins pus sawè qwè dîre. Èl posse ni djouwèt pupont d' musike. Ène saquî causèt.  Pârin a toûrné sès spales tout-en dijant: « Dji crwè qu'i vaut mia rintrér ». Djosèf Lamour lès-a chûvu.  On-a mètu l' posse pus fwârt pou mia choûter l' Édicion « spéciale du journal parlé ».  Il èstèt 7 eûres tapant.  Li guêre avèt d'djà fét sès ravâdjes quatre eûres durant.

Dins nos keûrs, lès-èwîyes di l' ôrlodje ont d'meuré d' asto.  L' alôre s'avèt lèyi tchér dins lès blés. Èl grande coû s' a vûdi dès pouyes, do tchat, do tchén.  Quate à quate, maman m’ a fét diskinde lès montéyes.  Di r'vwè co mârine brére su s' tchèyére, ène loke a r'loketer dins s' drwète mwin èyèt s' jate dins l' ôte tout-en djant: « Mins qwè dalons div'nu, mès-èfants? », lèy qu' èstèt vènuwe au monde en 1870 èt qu' èl guère quatôze avèt d'dja tant fét soufru.

Pârin èt Djosèf, lès djambes compéyes, avin' mètu leù tchèyêre a costé do posse sins piède in mot di ç' qu'on d'djèt, dès-atakes di l' aviâcion, dès maujones qui brûlin' à Nivèle... A lès-ètinde pourtant, ça n' dalèt nén trop mau.  Lès-Alemands avin' dès rûjes à passer l' frontière. I falèt seûlemint s' mète dins lès cauves pou lès-aviyons èt s' dèmèfiyi dès parachutisses qu' on-avèt rèscontré ène miète pa tous costés.

Sins trop sawè pouqwè, on-a d'abôrd rintré lès bièsses èt, après ça, on-a stî au Mayeûr pou sawè qwè.  Pou dire èl vérité, li conte nos, i n' savèt nén qwè fé.

On n' wasèt pus sôrti.  On-a pindu dès lokes aus finièsses.  Lès djoûs ont r'chèné aus gnûts.  Tout ç' qu'on fièt c'èst sognî lès bièsses èt choûter l' radio qui causèt asteûre – « d' infiltration de chars ennemis dans nos lignes » èyèt « d'intensification des combats » .

On s' a mètu à rèciter dès tchapelèts.  Lès vijins causin' di s' èdaler.  Bén seûr, on n' avèt nén rouvî Djiblou, Tamène, èt tout ç' qui lès Prussyins avin' fét.

Quand Lîdje a ieû tcheû, lès vijins ont pièrdu pacyince.  I n'avèt pus qu' nos dins l' culot. Èl Mayeûr nos-a fét dire di nos-aprèster, mins à cause dès bièsses à sognî, i n' savét nén s' dècidér.

Adon, lès Francès sont-st-arivés, mins tél'mint sôs qu' is n' savin' pus roter. En s' aspouyant su s' baston, èl capitin.ne a espliké qu' èl batâye d’ èl Dîle s'rè dins lès lîves d' histwêre « au même titre que celle de la Marne ». Vos wèyoz ça di d'ci, avou dès-asticots parèys!  Bén astcheû qu' Mamejou èstèt l' preumî viladje d’ èl ligne Dîle èt qu' no maujo èstèt l' preumière di Mamejou. Èl « rempart contre la barbarie » qu' i nos-a dit l'ome, èt fiêrs di nos-ôtes, on lî a doné à bwêre èt à mindjî.

Lès Francès, dji vous dîre ène pwagnée di Francès avou ène bindeléye di Marokins, s' ont catchî come dès lapéns dins l' bos da Dumont, dins lès fossés do tram, dispûs l' tchapèle jusqu'à ‘l cassrolerîye di Tiyi èt co pus lon.

Pou leû donér do courâdje, maman èt mârine leû pwârtin' d’ èl soupe.  Come is n' avin' pus rén à mindjî, is-ont scroté toutes lès poûyes dès vwèséns.  Mârine a disfindu lès nokes à côps d'baston.  Is nos-ont oblidjî à diskinde dins l' cauve èt à n' pus boudjî.

Quand is-ont ieû leû dos toûrné, pârin, qu’i d-avèt s' sô, a couru jusqu'au Mayeûr, sins d'mander l' pèrmission, pou lî dîre qui, dins cès condicions-là, i n' èstèt pus possibe di d'meurer dins l' maujone. « I n-a pont d'avance, Batisse, qu' il a rèspondu Colas, lès-Alemands sont dèdja à Sint-Djèri - èt Batisse a tout djusse ieû l' tins d' rintrer sins s' fé coude come èn-inocint paus canons èt pa lès bombes qui tchèyin' dèdjà.

A ‘l preumiêre bombe qu'a tcheû dins no pachi, pârin a ieû télemint l' clope qu' il-a passé oute

dins l' tonia èyu ç'qu' i s' avèt achî.  Tous lès Marokins qu' èstin' padrî l' maujo ont racouru come dès sots.  Is nos-ont trétés d'èspiyons.  Is-ont câssés lès-uchs èt lès finièsses. Is nos-ont pris tous nos liârds.  Is nos-ont quasiment disbiyîs.

Pârin a vrémint passé in léd quârt d' eûre.  Is-èstin' fwârt pou tapér su in vî-ome à ‘l place dès-Alemands qu' arivin' pa deûs costés, di M'léri èt d' Tongrène.  Come mârine v'lét disfinde ès'n-ome, is l'ont fét tchér dins l' cauve à ‘l valéye dès montéyes di pîre.

Wèyant qu' ça dalèt vrémint mau tourner, pârin a d'mandé pou causer à l' oficier.  Mau  r'lèvé èt plin come in trau, il a comincî pa l' tréter d' boche en d'jant qu' on l'avèt vèyu su l' vôye fé dès sines aus-Alemands.  C' èst seûlemint quand il a moustré sès mèdâyes d’ èl guêre quatôze qu' èl couradjeûs Francès s' a ravisé èt qu' i lî a dit: « Je regrette.  Je ne peux plus assurer votre sécurité ».

Pou-n-nén ièsse tuwés pa nos défenseûrs, èt pou n' nén s' fé bouter a l' uch, on l' a pris tous lès quate, pârin, mârine, maman èt vo Mârcèl. Èt mès-omes à ‘l finièsse, come dès séndjes à ‘l bawète, qui nos r'wétin' nos-ôtes qui courin' à bache-dos!

Sins pus nos r'toûrner, nos-avons pèté in cint mètes jusqu'à ‘l cinse do mayeûr. Il a comincî pa nos dîre qui ç' n' èstèt nén vrémint l' momint tchwèsi pou s' pourmwin.ner. Dins l' grande cauve, i n-avèt ène masse di djins, dès pôvès djins come nos-ôtes, dès djins qu'avin' peû, dès djins qui n' pinsin' pus qu' à ène sôrte, ès' mète au r'cwè, à iute, èt sauvér leû pia.

Après ç' qui s'avèt passé avou nos, dès-eùres d'asto, pus yink n'a co wasu boudji.

Jamés dji n'é ètindu dire dès priyêres come èç' djoû la. Èl Bon Diè. èt tous lès Sints do paradis ont yeû leûs-orâyes qu'ont chîlé tout-ostant qu' lès bales di fusik chîlin' dins l'ér' èt, chaque côp qu' ça bouchèt, on n' dijèt pus sès priyéres, on lès bwârlèt come dès vias.

Aviès lès chîj' eûres au gnût, on n' ètindèt pus rén a l' uch.  Dji sé dispus adon çu qu' ça vout dire in silence di mwârt.  On-a risqué èn-ouy pal crâye d’ èl rayèle. Èl solia a rintré dins l' cauve da Colas.  I fièt todi ossi bia.  Lès vatches beûlin' dins lès staules.  On-a ieû tèrtous ène jate di lacha.  Colas è-st-arivé avou in blanc drapia dins s' mwin.  Lès-ouys tout frèchs èt tout strindu, i nos-a dit: « Mès djins, c'èst fini, vos p'loz rintrér.  Lès-Alemands sont-st-à Sombrèfe, on n' si bat pus », mins nos-avons ratindu l' gnût pou nos-î risker.  D' au lon, on-ètindèt nos deûs vatches qui s' plindin' èt qu' èstin' eûreûsemint todi là.

In côp rintrés, qué daladje mès-amis! Èl vint tchèssèt pa lès finièsses câsséyes. Is n'avèt nén ène bwèsse, né ène postûre qui n' èstèt nén skètéye.  Lès-aliyés avin' tout rèmoulu en pinsant trouvér dès liârds ène sadju.  Dins l' cauve, i ni d'meurèt pus rén.  Pupont di liârds, pupont d'vén, djusse dès vidanjes, sauf iène ou deûs qu' pârin avèt sauvé.  On n' avèt pus ène mastoke. I nos-a falu d'mander dès caurs à prèster.

Èl lèd’mwin, in soûdârd à moto, bén r'lâvé, bén sognî, s' a présinté à no môjone. “Haben Sie Eier, bitte? » I nos-a fét comprinde qu' i v'lèt dès-oûs pou din.ner. Pus mwate qui vikante maman ènn-a doné saquantes. « Wieviel muss ich zahlen?  Ja!  Zahlen habe ich vor! » Il a v'lu nos payî l' montant tout-ètîr.

Èl pôve n' a né ieû l'tins d' lès mindjî.  Deûs munutes pus taurd, ès' moto sautèt su ène mine, d'vant d' arivér à l’ rûwe do Crôni.

On-èstèt l' vèrdi 17 di mé 1940.  No guère avèt duré sèt' djoûs.  L'empire di mile ans promètu pa lès-Alemands èstèt in djoû vî. Èl pax germanica avèt cominci.

Pou nos-ôtes ètou c'èstèt in djoû historike. Ç' a stî l' preumî côp qu' on-a vindu ène saqwè en nwêr... à èn-ome en vêrt di gris.

 

Marcel

Mamejou (Marbisoulx)

 

3.1.3 in: Rattachisme, in: Delta, 10, dec. 2006, p.9

Onze artikels in de twee voorgaande nummers, handelend over het rattachisme hebben enkele reacties van lezers uitgelokt. Eén ervan willen wij u niet onthouden. Zij komt van een lezer uit de streek van Charleroi:

« Les deux articles sur le rattachisme m'ont fait plaisir. A celui en français, il (n.v.d.r: de au­teur van het artikel) aurait pu ajouter, à l'état actuel de déliquescence de la France, les atrocités passées et récentes (1940) de sa soldatesque dans notre pays. E.a., près de chez moi (300 m.) l'assassinat, par un officier français, d'un pauvre père de famille, polo­nais, de 7 enfants (assassinat qui fut d'ailleurs limité grâce à l'intervention d'un aumônier militaire), l'exécution aux confins de Fleurus de 14 civils («C'est ici que la haute (sic!) civili­sation française a assassiné 14 civils inno­cents»: inscription par les allemands sur le mur devant lequel avait eu lieu la tuerie, qui d'ailleurs n'a jamais fait l'objet de poursuites judiciaires). Je pourrais citer encore de nom­breux faits et exactions écoeurantes dont ils se sont rendus coupables dans ma localité et les environs ».

Merkwaardige en door en door droevige gebeurtenissen die haast niet geweten zijn door het grote publiek. En inderdaad genegeerd worden door de politieke wereld. Ja, de Franse beschaving lijkt niet altijd en niet overal te zijn wat de Fransen ons graag voorhouden en zelf willen geloven.

 

3.1.4 Fabian Gilmaire, un correspondant (2006): « Ce sont des soldats français qui ont pillé Flavion et bien d'autres villages en 40, et non pas les soldats de la Wehrmacht... »

(à vérifier)

 

 

3.2 En France

 

3.2.1 J. de Launay, J. Offergeld, La vie quotidienne des Belges sous l'occupation, 1982

 

(p.26) "L'armistice du 28 mai 1940, les accusations portées envers le roi Léopold par Paul Reynaud, président du Conseil français, et confirmées par le Premier ministre Pierlot déclenchèrent des réactions incontrôlables et incontrôlées envers les réfugiés belges."

En août, D.Denuit apprendra par une lettre de sa mère que son père, de soixante ans, a disparu, près d'Arras, alors qu'il était allé changer de l'argent belge en argent français.  En 1950 seulement, on découvrira que ce sont des soldats français en déroute qui l'avaient assassiné, le prenant pour un parachutiste."

A Dunkerque, le 22 mai, le fils d' un professeur d'université anversois avait été exécuté, sans jugement, sans même une vérification d'identité.

"A Elnes, le capitaine français Debilly n'hésita pas à abattre comme des chiens quatre réfugiés belges, dont on lui avait dit que c'étaient des espions."  (Jacques Crokaert, Les routes de l'exode, éd. Scorpion, Bxl, 1975).

(p.27) "A Prémesaques, les Français, en retraite, tuèrent à coups de révolver un Belge soupçonné d'espionnage, mais qui refusait surtout de leur donner une bouteille de cognac."  (J. de Launay, Les grandes décisions de la deuxième guerre mondiale, Edito-Service Genève, 1974).

(p.28) "Tous les indésirables furent contrôlés par un officier des services judiciaires de la 7e armée, puis acheminés vers Abbeville où certains seront fusillés." (Albert Chatelle, 'Dunkerque libérée' et 'Tragédies en Flandre', sl.n.d.)

Calais a connu des scènes semblables. (R. Chaussois, Calais 1939-1940, éd. par l'auteur, Calais, 1975)

(p.28-29) Qu'étaient devenus les gens du C.R.A.B.?

Sous les ordres du lieutenant-général Wibier, auquel le gouvernement belge, entre deux déménagements, d'Ostende à Sainte-Adresse, puis à Poitiers, avait confié le son de réorganiser une armée belge, 21 bataillons soit 20000 hommes furent envoyés sur le front français, en arrière des troupes en déroute.

(p.30) 'Mais le désordre était tel que ces bataillons ne furent jamais équipés des armes et munitions promises et qu'ils durent se replier vers la région de Toulouse par train et "les C.R.A.B. étaient finalement plusieurs centaines de milliers en Languedoc et il fallait en faire quelque chose."

(p.32) "Sous les ordres de Wibier déjà cité, ils furent, selon les instructions des Français, rassemblés dans une douzaine de camps que l'on peut appeler de "concentration".

Le nom de ces camps: Agde, Magalas, Aubiet, Auch, Lamalou, Héripian, Le Poujol, rainargues, Capendu, Clermont-l'Hérault, Marseillan, Florensas, Pomerols, etc...

C'est dans ces camps qu'avaient été accueillis les débris de l'armée rouge espagnole.  Il y régnait une saleté repoussante, une vermine luxuriante, la nourriture était soit insuffisante, soit infecte.

En peu de jours, la dysenterie, l'impétigo se propagèrent.  Ces camps entourés de barbelés étaient gardés par des troupes tchèques et des tirailleurs marocains qui avaient ordre de tirer sur tout jeune Belge tentant de s'évader.

(...) Jamais les autorités belges, ni le gouvernement, ni l'armée, n'eurent le courage d'inspecter un camp. Jamais elles n'ont osé établir les statistiques de ceux qui y sont morts ou en sont restés marqués pour leur vie.

Certains de ces jeunes qui s'étaient rendus coupables de crimes divers (par exemple: crier 'Vive le Roi' ou chanter la Brabançonne) furent jugés sévèrement et traduits dans les prisons françaises où ils restèrent détenus jusque bien après l'armistice français."

 

(p.51) "Bien des Wallons étaient rentrés déçus dans leur amour inconditionnel et quelque peu excessif du peuple frère français.

Des Flamands n'avaient eu dans ces incidents que la confirmation de la justesse de leurs réserves traditionnelles envers la France (Los van Frankrijk)."

 

(p.53) Après l'amistice, à la mi-octobre 1940, les réfugiés belges avaient regagné leurs foyers.

"La population était surtout frappée par l'absence des prisonniers.  Sur les 700.000 mobilisés de mai 1940, 50.000 avaient été capturés durant la campagne des dix-huit jours et le reste par effet de l'armistice.

Armistice que les Belges par un masochisme inexplicable continueraient à appeler capitulation, répétant comme des perroquets, offrant des verges pour se faire battre, les calomnies de Reynaud et de Pierlot."

"100.000 prisonniers belges internés dans des camps provisoires avaient réussi à fuir et à rentrer chez eux motu proprio.  400.000 furent libérés en juin en qualité de socialistes, Wallons et Flamands, - soit au début plus de Wallons que de Flamands, contrairement à une légende antiflamande qui perdure jusqu'à ce jour. (voir J. de Launay, La Belgique à l'heure allemande, éd. Legrain, Bxl, 1977, p.77-78)

 

3.2.2  1940 : LE GRAND EXODE  ( Jean VANWELKENHUYZEN et Jacques DUMONT )

(p.94)  massacre d'Abbeville (cf 3.2.3.5)

(p.112) Assassinat de DENUIT,  père d'un journaliste du "Soir" - 60 ans (C'était un parachutiste ! ) (cf 3.2.1)

(p.2l3) « Dans les magasins, dans les restaurants, on vit des affichettes "Rien pour les Belges" Des incidents eurent lieu dans les rues. Beaucoup de salariés belges furent congédiés"

C'est l'époque, où des Belges, voulant se désaltérer encaissent de cinglants : "Allez donc boire l'eau du Canal Albert !" L'épithète "Boches, Boches du Nord" est alors à la mode.

A Toulouse, la marquise de Panat, ayant voulu témoigner de son estime pour l'armée belge, m'avait fait offrir les salons de son hôtel ; pour y établir le mess de garnison. A la nouvelle de la red­dition, elle nous en interdit l'accès. Le même jour, l'évêque de Lourdes défendait aux prêtres belges de dire la messse et de confes­ser, sous peine de péché mortel. Il fallut, après plusieurs jours, 1'intervention d'un jésuite belge pour faire cesser cette incroyable mesure .

(p.229) Jeunes CRAB envoyés pour des travaux à l'arrière du front en réalité, près du front : 60 morts + des blessés

 

 

3.2.3 Autres cas vécus:

 

3.2.3.1 H.H., Une certaine impudeur, PP? 19/07/1979, p.104

"Qu'on ne vienne pas me dire que nous avons été "accueillis" en France /en 40/, nous avons souvent été tolérés, sans plus, et très souvent exploités."

 

3.2.3.2 M. Veiller, /De Haan/ , LB 05/04/1990

1940: le cinquantenaire

“J’ai franchi la frontière française quelques jours avant la capitulation du 28 mai 1940.  L’accueil en France fut loin d’être chaleureux.  Il faisait chaud en mai 1940 et certains Français en profitaient pour faire payer un simple verre d’eau.  Après la capitulation, les réfugiés de langue flamande furent même traités de “Boches du Nord”!

/Il faut rappeler/ le drame d’Abbeville où, le 20 mai, vingt et une personnes furent froidement abattues par des soldats français et le tristement célèbre “train fantôme” dans lequel plusieurs occupants, entassés comme du bétail, maltraités et affamés, moururent en route vers Orléans. (...)

De très nombreux Belges de notre génération ne diront jamais “merci la France”.”

 

3.2.3.3 Jean Vignier, /BXL/ LB 02/04/1990

A l’époque j’avais dix ans.  Le 28 mai 1940, lors de la capitulation de l’armée belge, nous étions, mes parents et moi ainsi qu’un groupe de compatriotes, à Poitiers.  Les autorités nous donnèrent l’ordre de nous rendre sur une certaine place où nous fûmes gardés à vue par des militairs avec mitraillettes pointées sur nous, nous avons été insultés par la populace de “sales boches du Nord”, de “traîtres” et je vous fais grâce des autres gracieusetés à l’adresse de S.M. le roi Léopold III.  Nous avons continué notre route et nous avons stoppé à Cahors où nous sommes restés deux mois.

Ma mère y fut agressée dans une queue devant une boulangerie et insultée “nous voulions bo... le pain des Cadurciens”, elle était “une p... belge”. 

(...) Nous étions de ces Belges qui “parlaient le boche” (le flamand).

 

3.2.3.4 D. St. , Sur les traces des évacués de mai 1940, VA 20/10/2001

Boches du Nord au chocolat :

D’autres comme Ernest Petit se souviennent de son périple en France et des quolibets de « Boches du Nord » qui dureront de la capitulation belge à celle de l’armée française. »

 

3.2.3.5 Un éveilleur de peuples, in : Renaissance européenne, 59, 2004, p.19-20

Joris van Severen et son secrétaire Jan Rijckoort ont été les victimes, le 20 mai 1940, au milieu de la débâcle des armées alliées, d'un répugnant crime de guerre. Déportés vers le sud  de la France avec un groupe de ‘suspects', leur convoi avait été coupé par la percée foudroyante des armées allemandes. Celles-ci les avaient rattrapés à Abbeville. Avant d'investir la ville, les Allemands l'avaient durement pilonnée avec leur artillerie et leurs Stukas. De très nombreuses maisons ont alors été détruites et un grand nombre de Français, des soldats mais aussi des civils, ont été tués ou blessés.

Joris van Severen et ses compagnons d'infortune se trouvaient, à ce moment, enfermés dans la cave d'un kiosque à musique, sous la garde d'une section commandée par un Officier, le lieutenant Caron. L'époque était secouée par une lamentable hystérie collective : dans la cohue des fuyards, on soupçonnait chaque prêtre et chaque religieuse de dissimuler sous leur robe la tenue des redoutables parachutistes allemands. On a alors « réglé leur compte » à nombre de malheureux qui avaient un accent «bizarre». Caron et ses hommes venaient tout juste de vivre une terreur panique. Ils avaient bu pour se donner «du coeur». L'appétit de vengeance, soutenu peut-être par des convictions patriotiques orientées, trouvait ici un objet à sa portée: des espions et des traîtres de qui venait tout le mal. Ce sont là les ingrédients du drame.

 

Joris van Severen était pourtant tout le contraire d'un traître ou d'un défaitiste. Patriote ardent d'une loyauté à toute épreuve, il avait eu une conduite modèle durant la guerre de 1914-18, comme sous-officier d'abord et, ensuite, comme officier. Comme tous ceux qui avaient réellement connu le feu des première lignes, il était opposé à la guerre et aux bellicistes, (…). Il connaissait l'amertume des soldats trompés par la propagande, parfois cynique, des humanitaires comme des va-t-en-guerre. Toutefois, dès la mobilisation générale, en 1939, Joris van Severen avait solennellement rangé derrière le Roi, commandant en chefde l'armée,

son mouvement Verdinaso, rassemblement des nationaux solidaristes des Grands-Pays-Bas. Le gouvernement belge ne l' en avait pas moins fait arrêter le 1Omaiau matin, en même

temps qu' une bonne partie de l' opposition.

 

La première victime de la guerre est, dit-on, la vérité. Plus encore que de la guerre, c' est de

la paix que la vérité de Joris van Severen a eu à pâtir. Car il est malencontreux d'être la victime d'un crime commis par les vainqueurs. Ceux-ci ont laissé peser sur les victimes du massacre une ignoble présomption. Ils les ont tuées une seconde fois dans leur honneur. Ce

serait cependant une injure à la haute figure de Joris van Severen que de ravaler sa mémoire avec celle des seize autres pauvres victimes désarmées de cet odieux carnage. Car, ayant au cours de sa vie affronté à de multiples reprises le couple divin de la peur et du courage célébré par Drieu, cette fois encore il lui a fait face. Les massacreurs avaient commencé par désigner un petit groupe d' otages et les avait alignés devant le kiosque.

Lorsque les autres prisonniers, ayant entendu la salve, ont vu la porte de leur prison s' ouvrir

à nouveau, ils ont compris le sort qu'on leur réservait. Quand la porte s' est ouverte pour la

troisième fois, Joris van Severen et Jan Rijckoort se sont désignés eux-mêmes. Une fois

dehors, ils se sont adressés à l' officier, lui rappelant ses responsabilités. Le feu n'en a pas

moins été ordonné. Mais il a été arrêté là. Les héros sont morts en héros.

 

Fondateur du Verdinaso, la ligue des nationaux-solidaristes thiois (qui militait pour la  reconstitution, dans le cadre de l'Europe, des grands Pays-Bas, soit les dix-sept provinces du Benelux), Joris van Severen a été assassiné le 20 mai 1940 à Abbeville.

 

3.2.3.6 H.H., Une certaine impudeur, PP? 19/07/79, p.104

"Qu'on ne vienne pas me dire que nous avons été "accueillis" en france /en 40/, nous avons souvent été tolérés, sans plus, et très souvent exploités."

 

3.2.3.7 A.D., En France, le salut, AL 05/05/190  /en 1940/

"Il y eut le choc du 28 mai, dont le ministre de la Défense nationale, le général Denis, relève les conséquences les plus vexatoires et heureusement exceptionnelles(sic).  "Officiers belges à qui on arracha les décorations militaires, Belges logés chez l'habitant qui furent mis dehors ou dont les objets personnels furent jetés dans la rue (...), officiers civils belges arrêtés en pleine rue par la Sûreté nationale rançaise (...), refus d'effectuerle change de la monnaie belge ou de vendre quoi que ce qoit aux Belges." ("Activités du département de la Défense nationale, Villeneuve-sur-Lot, 22 août 1940)."

 

 

Annexe :

 

R.A.A. Viroux

Reuwe do Grand Vèvî,17

B - 5070 Li Banbwès

Tèl. 071-71.13.13                                     

 

 Li Banbwès, li 7 d' avri 1997

 

Monsieur Henry, (= ?)

Comme vous me dites, qu' il vous faut beaucoup de temps pour lire le wallon -malheureusement, c' est le cas de beaucoup de Wallons - je vous écris en français.

A la lecture de ma relation des événements de 1940 à Bambois, vous vous remé­morez, que votre grand-père et votre père ont été arrêtés et battus par les Français, parce qu'ils ne voulaient pas abandonner leur maison et leurs vaches. Votre grand-père en avait gardé une blessure à un œil, qui ne s' est jamais guérie. Cela n' a heureusement pas été le cas des gens de Bambois ; mon grand-père et papa étaient morts et les gens battus par les Français ne semblaient pas en avoir gardé des séquelles. Mon parrain, qui avait été roué de coups, ne semblait pas s' en ressentir. Pourquoi avaient-ile été arrêtés et battus ? Parce qu' ils ne partaient pas, comme la majo­rité des gens de notre village et qu' ils voyaient que les Français volaient, sans doute. Pour mon parrain, la raison est claire : sachant, que maman et moi étions partis vers la France le lundi matin, il était allé voir à notre maison le mardi 14 mai au matin. Il est entré sans hésiter dans notre maison. Elle était occupée par des soldats français. Rien de plus normal : en temps de guerre, on cherche un toit et un lit pour dormir, on prend la nourriture que l' on trouve, des couvertures, des draps de lit, des ustensiles, dont on a besoin, du linge, ...

Mais il a vu qu'ils avaient déchiré les tableaux de papa à coups de baïonnette et ils ont vu qu' il voyait et, sur ce, ils l'ont chassé à coups de poing, de pied et de crosse de fusil dans l' école du village, où étaient déjà rassemblés deux hommes de Bambois : Armand Michaux, Arthur Remy et une femme : Alice Lothe, et aussi un autre homme, qui était, à l'entrée de mon parrain, Léon Aerts, assis sur une chaise. Un soldat français lui immobilisait le bras gauche, un autre le bras droit, et un troisième le frappait sur la tête et dans le visage. Il était plein de sang, de même que ses vêtements. Ils ont alors demandé à mon parrain : « Connaissez-vous ce monsieur ? » -« Oui, dit-il, c' est Monsieur Halloy ! » - Ils ont alors cessé de frapper leur prisonnier. Mais ils conti­nuaient à les maltraiter de « Sales Belges » et de « Boches du Nord » et à les menacer de les fusiller sur place !

Enfin, un gradé français est arrivé, « onk avou on pêlon su s'tièsse » - allusion au képi particulier des officiers et sous-officiers français - qui n' a pas fait de reproches aux sol­dats, mais qui a fait sortir les Belges, pas par le devant de l' école, mais par le pignon, qui les menait à des jardins et pâtures.

On a raconté, qu'un peloton de carabiniers cyclistes belges était arrivé sur la place et la soldatesque française avait pris peur d'une confrontation ! Mon parrain avait alors emmené « Monsieur Halloy » chez son beau-père où, dans l'étable, il y avait une pompe et de quoi se laver.

Quand l'homme avait été lavé, mon parrain ne le reconnaissait plus : « Mins, vos n' èstoz nin Mossieû Halloy ! », lui dit-il. «Non, dji so s' fré Gusse, di Biou. Dji sé bin qu' Mau­rice èt Mâriète » sont-st-èvôye et dji v'neûve vôy à leûs bièsses, quand cès Boches-là m' (…) (incomplet)

 

 

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